solutions temporaires pour manque de trésorerie
Comme nous l’avons vu dans l’article « mais où est donc passée ma trésorerie ?? », vous pouvez vous trouver parfois face à une charge imprévue qui engage la viabilité de vos ressources immédiates, quand bien même vous auriez tenu à jour votre trésorerie prévisionnelle hebdomadaire dans votre tableau de bord. Selon le cas, plusieurs solutions s’offrent à vous (dont certaines vous sembleront évidentes).
Ce sont des financements à courts termes qui suivent tous la même logique : la prise en charge de la créance client, et parfois du risque de non paiement qui lui est lié, par le partenaire financier (banque, mais aussi sociétés d’affacturage) en échange d’une rétribution plus ou moins élevée (agios, commissions, etc…). Ils ne doivent servir qu’en cas exceptionnel car représentent un coût élevé. Mieux vaut être prévoyant et garder une vision claire de son compte en banque. Aussi, à utiliser avec précaution et prudence : si votre vieux coucou vous a lâché ce matin, vous n’achèterez pas le dernier ordinateur à la mode avec ce genre de financement, vous lui préfèrerez un financement à moyen terme plus classique pour ne pas détériorer votre disponibilité immédiate.
- le découvert négocié à court terme, ou facilité de caisse : si la qualité des relations avec votre ami banquier vous l’ont permis, vous avez su négocier un découvert autorisé pour le bon fonctionnement quotidien de votre entreprise. Votre compte doit être remis à couvert quelques jours par mois, afin d’assurer au banquier que la gestion de votre trésorerie est maîtrisée. Même s’ils sont de plus en plus frileux, les banquiers vous autorisent parfois, quand les relations de confiance vous lient, l’octroi d’une facilité de caisse temporaire d’un montant supplémentaire à peu près égal aux dépenses à venir ( au 30 du mois pour les salaires, au 15 pour les charges, au 21 pour la TVA, etc…). Il vous faut être en capacité de démontrer les rentrées d’argent à venir grâce à votre plan prévisionnel de trésorerie, preuves factuelles à l’appui. C’est la solution la plus usitée car la plus facile à mettre en place. Si vous évoluez dans un univers B2C, vous aurez peu d’autres recours de toute façon. L’inconvénient de ce système est qu’il est onéreux (taux variables selon les banques), et qu’il peut mettre en péril les relations de confiance que vous pouviez avoir avec votre banquier. Mais il vous permet de pallier à l’urgence.
- le crédit de campagne peut-être utilisé si vous avez une activité saisonnière (camping, agriculteurs, glaciers, sucreries, etc…). Il reprend les mêmes principes que la facilité de caisse ci-dessus, à ceci près que l’étude se fait sur une durée plus longue que le mois.
- la mobilisation de créances par leur cession ou leur nantissement par voie de bordereau dans le cadre de la loi Dailly (1981). Exclusivement utilisée en B2B, cette solution permet par le transfert de propriété de plusieurs créances en même temps d’en diminuer le coût. Ainsi, vous présentez les factures que vous aviez prévu d’encaisser à terme à votre partenaire financier, qui en analyse les risques avant acceptation, et qui en devient propriétaire en échange de leur paiement immédiat sur votre compte en banque sous deux formes possibles, jusqu’au complet règlement de votre client (vous en restez solidaire en cas de non-paiement de celui-ci). Les deux formes possibles de paiement sont l’escompte (paiement des factures en question directement déduction faite des agios) ou l’avance en compte (autorisation de découvert garantie par les créances cédées). Dans le deuxième cas, l’ouverture d’un deuxième compte est souvent nécessaire afin d’assurer le suivi d’une telle opération. Ne sont pas concernés les effets de commerce (billets à ordre ou lettres de change, traites). Cette solution a l’avantage d’être mobilisable dès la facturation, l’inconvénient, c’est que vous restez responsable du bon paiement des factures.
- l’escompte classique : vous êtes en possession d’effets de commerce, vous avez la possibilité de demander auprès de votre banquier leur règlement anticipé déduction faite des frais de dossier et agios (=intérêts et commissions). L’utilisation de ce système implique l’ouverture d’une ligne d’escompte dont le montant sera étudiée par le banquier et qui sera fonction de la santé financière de votre entreprise mais aussi de vos clients. Ainsi, cette solution, moins chère qu’un découvert autorisé, peut être mise en place de façon récurrente jusqu’à devenir un mode de gestion. Attention, si le banquier devient propriétaire des effets de commerce transmis, il n’en reste pas moins que vous supportez comme précédemment le risque de non-paiement de votre client. Parfois, on vous demandera même une retenue de garantie d’environ 5% pour pallier à d’éventuelles déficiences, ces 5% sont retenus sur un compte séparé.
- l’affacturage : ce système vous lie à une société d’affacturage, appelée le « factor », représentée par votre propre banquier ou par des sociétés spécialisées dont les plus connues sont :
- BNP Paribas Factor
- Compagnie Générale d’Affacturage
- Eurofactor
- GE Factofrance
- Natexis Factorem
Le principe est quasiment le même que précédemment, à ceci près que le « factor » prend en charge le risque lié au non-paiement, de ce fait cette solution est plus onéreuse car elle prend en compte une assurance recouvrement. Mais elle présente l’avantage de vous laisser l’esprit tranquille. Cette solution existe au niveau national comme à l’export. En général, 80% de la créance vous est versée dans les 24h, tout en sachant que vous pouvez utiliser ce moyen à des fins uniquement de vous assurer contre le risque client. Il est donc modulable, c’est bon à savoir même s’il s’agit encore d’un autre sujet.
En conclusion, ces solutions ne sont jamais parfaites car coûteuses et fastidieuses à mettre en place, et ne vaudront jamais une gestion maîtrisée de votre trésorerie. Malheureusement, nous avons tous connus ce genre de déboires à un moment précis, surtout quand le climat se dégrade en période de crise. Combien de fois ai-je entendu de plaintes au sujet de son banquier frileux et récalcitrant. Vous oubliez souvent qu’il est un entrepreneur comme vous qui se protège du risque client. Et s’il existe bien un entrepreneur frileux au risques, c’est celui-là. C’est d’ailleurs, entre parenthèses, pourquoi il préfèrera toujours que vous ayez au moins deux partenaires bancaires pour le partage des risques potentiels que vous représentez à première vue.
Aussi, s’il ne vous soutient pas au moment précis où vous pensez en avoir le plus besoin, c’est qu’il a perdu à un moment donné de votre relation la confiance qu’il avait placée en vous. Et les déboires auxquelles vous faites face aujourd’hui ne sont pas pour lui annonciateurs de difficultés temporaires mais révélateurs d’un malaise plus profond, qu’il identifiera forcément comme un danger. Vous n’avez pas su lui montrer que vous aviez pris par avance la mesure de leur ampleur. Vous n’êtes pas de mauvais gestionnaires pour autant. Mais confrontés à la réalité quotidienne, vous oubliez juste qu’il ne faut pas traiter ce partenaire comme un simple tiroir caisse dans lequel on ponctionne au bon vouloir. C’est pourquoi une relation très suivie avec votre banquier est un gage de sérieux à ses yeux. La communication sur votre activité et vos prévisions aura toujours un impact positif dans vos relations, d’autant plus à l’heure où les intervenants sont de plus en plus interchangeables dans les agences. Cette attitude vous donnera un poids supplémentaire à des moments plus propices pour négocier farouchement les différents taux dont sont affublées aujourd’hui les opérations bancaires.
Merci de vos commentaires,
A très bientôt,
Puisqu’on en parle, voilà un exemple d’accompagnement réussi d’une entreprise en RJ grâce à l’affacturage : http://www.financer-autrement.gecapital.fr/2012/09/ge-capital-accompagne-le-developpement-dune-societe-en-phase-de-redressement/comment-page-1/#comment-583
Si le besoin ne porte que sur l’utilité de se préserver du risque client, il vaut mieux alors souscrire un contrat d’assurance-crédit. Celui-ci préserve mieux l’entreprise contre les impayés, il permet notamment de percevoir son indemnité de remboursement en cas de défaut de paiement sans avoir à attendre une défaillance constatée. Pour bien comprendre l’articulation entre affacturage et assurance-crédit : http://www.e-affacturage.fr/avis/affacturage-assurance-credit.html